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Qui a sauvé l’industrie musicale au Etat-Unis ? Le Hip Hop !

Après plusieurs décennies couronnées de succès, l’industrie américaine du disque a connu, ces vingt dernières années, un déclin constant, au point d’en inquiéter les géants du secteur.

La démocratisation des plateformes de téléchargement illégal et l’écoute en ligne ont, progressivement, grignoté des parts de marché aux supports plus traditionnels, notamment les CD.

Pourtant, l’industrie du disque aux États-Unis et partout dans le monde s’est rapidement positionnée sur ce qui allait devenir l’un des moyens d’écoute musicale plébiscités par les amateurs de musique : le streaming.

 

L’industrie musicale résiste aux États-Unis

Plus simple, rapide et pratique que l’écoute d’une galette ou d’un vinyle, les plateformes légales de musique et de visionnage de clips, longtemps boudées par les consommateurs, sont désormais présentes sur la plupart de nos smartphones et de nos tablettes.

Tous les genres musicaux bénéficient de cet engouement pour la musique 2.0, mais un style se détache de la variété, du rock ou encore de la pop : la musique urbaine, comprenez par là le rap, le hip-hop, le R&B et de nombreux genres plus intimes, comme l’acid jazz ou encore le quiet storm.

 

Le streaming et ses chiffres impressionnants

Ce n’est pas parce que le streaming tire son principe d’une écoute sans support physique que son ascension fulgurante ne bénéficie pas à l’industrie du disque.

Bien au contraire, ce secteur économique a vu sa croissance passer du simple au double en seulement deux ans, comme le confirme notamment Erin Crawford, la Directrice Générale de Nielsen Music, une société d’études et de statistiques spécialisée dans les charts US.

Selon de récentes études, la consommation totale de musique (écoute et vente) a augmenté de 18 % au premier semestre 2018.

Le boost de l’économie musicale est en grande partie dû aux écoutes légales, plus communément appelées streaming, qui à elles seules ont rapporté plus de 400 milliards de dollars, soit 41 % de la croissance totale.

Cette croissance a notamment facilité l’accès à des musiques plus underground, aux textes rap engagés et aux mélodies entêtantes.

Ainsi, le rap et le hip-hop se sont ouverts à un public multi-générationnel, bouleversant les clichés sur l’écoute des musiques urbaines, que l’inconscient a longtemps réservée aux adolescents et aux jeunes adultes.

 

Les musiques urbaines apportent un nouveau souffle 

Les chiffres parlent d’eux-mêmes, les principales musiques urbaines comme le hip-hop et le R&B représentent à elles seules plus de 30 % du marché total de musique. Lorsque l’on sait qu’il existe plusieurs dizaines (voire centaines si l’on compte les déclinaisons) de styles musicaux différents, la part des musiques actuelles a de quoi impressionner.

Avec « seulement » 23 %, le fameux rock and roll, qui a longtemps fait les beaux jours de l’industrie du disque, est désormais distancé en matière de parts de marché.

Parmi la nouvelle génération de compositeurs et d’interprètes, certains ont littéralement pu profiter du streaming et de l’explosion des réseaux sociaux pour faire connaître leur talent et rester proches de leurs fans.

Ainsi, des artistes comme Post Malone, encore inconnu il y a 3 ans, ou Drake, présent dans l’industrie musicale depuis plus d’une dizaine d’années, ont pu profiter du streaming pour battre tous les records.

L’un des derniers singles de Drake, God’s Plan, avec son instrumentale produit par Cardo, Yung exclusive et Boi-1da comptabilise plus d’un milliard d’écoutes et de visionnage du clip, de quoi donner le vertige.

Mais le succès phénoménal des musiques urbaines ne se résume pas à un type précis d’écoute. Le rap, le R&B ou encore le hip-hop tirent leurs épingles du jeu grâce à des textes très engagés, qui dénoncent plusieurs dérives et auxquels les passionnés de musique s’identifient très facilement.

L’ajout, à plus ou moins fortes doses, de sons électroniques et de rythmes entraînants dans les instrus rap font le reste et contribuent pleinement au succès des musiques urbaines.

Pour donner quelques chiffres qui permettent de mesurer davantage cet engouement, les 5 albums les plus vendus aux États-Unis sont tous issus de la musique urbaine. Avec près de deux millions d’albums vendus, Post Malone et son Beerbongs & Bentleys tient la première marche du podium, suivi de près par la diva du rap Cardi B.

À noter : sur les 5 premières places de ce classement, deux appartiennent à des bandes originales de films (The Greatest Showman et Black Panther), preuve en est que le 7e art est également un levier essentiel au succès d’une carrière musicale.

 

Les Français amateurs de ce style musical…

Si l’industrie musicale a également essuyé de grandes pertes ces dernières années dans l’Hexagone, il n’en demeure pas moins que le succès des plateformes d’écoute comme Spotify, Deezer ou encore Napster (pour ne citer qu’elles) ont également contribué à l’accès aux musiques urbaines et aux textes plus bruts, qui flirtent parfois avec l’irrespect sans pour autant choquer profondément les auditeurs.

Parmi les musiciens français les plus productifs, Maître Gims et Jul caracolent en tête des ventes. Ces derniers ont bien compris que pour durer dans ce milieu parfois difficile, il faut constamment se renouveler, même si le renouvellement est parfois à double tranchant et peut défaire un artiste encore plus rapidement qu’il ne l’a élevé au rang de star.

Pourtant, les Français aiment de nombreux genres musicaux, qu’il s’agisse de musique urbaine ou d’autres styles. Variété française, musique classique et sans oublier l’indémodable rock and roll font partie de notre quotidien.

Lorsque l’on voit le nombre impressionnant des derniers albums de rockers vendus en France, comme Renaud, Eddy Mitchell et bien sûr l’inoubliable Johnny Hallyday, on ne peut que constater que les Français aiment le rock, sans pour autant négliger les musiques urbaines, comme le prouvent les succès de Damso, de MC Solaar ou encore du marseillais Soprano.

 

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